Sur un pied

Sur un pied
[Press release]

Sur un pied

18/02 - 24/03/2012
Vernissage le 18/02/2012 de 14h à 21h.

Ca ressemble à un défi, comme ceux qu'on se lance après un verre de trop, mais si c'est un aveu d'incertitude, ce pourrait-être une méthode valable. Chiche de penser une exposition à partir d'un motif ? Serait-ce un alibi bancal ?
Mais pourquoi ne pas se prêter au jeu, prendre son élan et sauter à cloche pied à travers la chronologie, entre les concepts, les mediums et les formats, puis, converti à cette gymnastique enfantine, se raconter de nouvelles histoires ? Un cadre émancipé de sa fonction tente une figure pour réinventer son statut (Imi Knoebel), pendant que d'autres forment un inventaire conceptuel en marchant sur les mains (documentation céline duval). A suivre leur exemple, on est tenté par une acrobatie sur une échelle instable (Hervé Télémaque), de chavirer avec une pyramide qui joue les prestidigitateurs (Bruno Rousselot) ou assister au décollage d'un menhir en deux dimensions (Thomas Lanfanchi), quitte à perdre le sens de l'orientation et devoir appeler un plombier pour sortir de l'impasse (François Curlet), en espérant finir par retomber sur nos deux pieds, ou presque (Françoise Petrovitch), et avant de reprendre son souffle, faire la rencontre fortuite d'une chimère arborant les courbe roses d'une Pin-up (Hippolyte Hentgen), ou assister à un obscur cérémonial entre une peau de blaireau et un bol de plâtre (Jean-Marie Appriou).

Mais au terme de cette dérive hallucinée, il s'avère que les membres de cette famille recomposée ne se sont pas retrouvés là par hasard : par association d'idées certes mais pas sans affinités. Considéré dans son équilibre précaire, il est ici question du corps, autant dans sa représentation photographique que dans son rapport à l'espace du tableau abstrait. Aussi, à jouer les funambules, n'est-on pas à l'abri de questionnements existentiels ; l'œil grave de la Parque boiteuse de Françoise Petrovitch nous met en garde. Si toutes ces oeuvres témoignent d'un penchant discret pour l'humour, certaines postures se rejoignent quand elles font un pas de côté pour dévier de la route tracée par leurs pères, taquinant les percepts rigoureux (de l'abstraction géométrique, du minimalisme ou de l'art conceptuel), ou désobéissant effrontément aux catégories et à la hiérarchie des valeurs. Alors, dans ce jeu de l'oie pourrait-on supposer quelques filiations, du doyen au cadet, tant l'esprit surréaliste qui persiste dans les sculptures de Télémaque est ravivé par cette surprenante vanité mise en en scène par Jean-Marie Appriou.


Julie Portier