« Tout est comme avant » pouvait-on lire sur les murs de la Sorbonne en 1968.
Première trace provocatrice autant que potache du collectif bordelais
Présence Panchounette qui partira en guerre contre le monde de l'art de 1969 à 1990
à coup de tracts, de lettres irrévérencieuses ou d'interventions foutraques.
Le groupe étend rapidement son action à la scène artistique internationale dont il pointe
avec un jovial acharnement les hypocrisies esthétiques et les tabous idéologiques.
Célébrant « l'esprit chounette », faisant l'apologie du pire, du banal ou du vulgaire
contre le sérieux de la « modernité », le collectif prend le contre-pied des valeurs et
du goût défendus par les milieux culturels les plus influents de l'époque.
Précurseurs inventifs d'un Art postcolonial autant que de nouvelles formes inexplorées
comme l'odeur où le vin, Présence Panchounette n'hésitera pas à faire des allers retour
dans l'histoire de l'art pour rendre des hommages grinçants aux artistes.
Les fanfaronnades du collectif bordelais anticiperont ainsi des mouvements propres
aux années 80 comme l'appropriation ou l'art néo-conceptuel qui, eux, trouveront bel
et bien leur place dans les généalogies historiques.
Soucieux de ne pas étouffer sa verve dans les mailles pernicieuses du compromis,
Présence Panchounette fuira les honneurs et le chant des sirènes institutionnelles.